Précarité/Exclusion

SANTE

Les populations des quartiers prioritaires de la politique de la ville sont, plus que d’autres, victimes d’un état de santé dégradé, aggravé par un accès aux soins de premier recours défaillant.

En effet, les différents rapports de l’Observatoire national des zones urbaines sensibles (Onzus) soulignent les écarts importants dont souffrent les habitants des quartiers en matière d’état de santé, d’accès et de recours aux soins et de nombreux rapports font état de la dégradation des inégalités sociales et territoriales de santé. En effet, un tiers des habitants des quartiers se déclarent en mauvaise ou mauvaise santé (27 % hors Zus), les phénomènes de surpoids et d’obésité, de mauvaise santé bucco-dentaire y sont plus fréquents et un tiers des femmes déclarent souffrir de maladies chroniques (30 % hors Zus).
Le renoncement aux soins, notamment pour raisons économiques (23 % en Zus, contre 17 % hors Zus) y est plus important qu’ailleurs, en particulier pour les soins dentaires ou de spécialistes. La part des habitants en Zus déclarant ne bénéficier d’aucune couverture maladie complémentaire y est le double qu’ailleurs (14,9 % contre 7,7 %), en particulier les jeunes adultes de 18 à 29 ans (24,6%).
Enfin, la densité des professionnels de santé par habitant y est deux fois moins importante qu’ailleurs, en particulier pour les médecins spécialistes (inférieure de 60 points à la moyenne nationale) et les infirmiers.

Le 3ème arrondissement n’échappe pas à cette constatation du Ministère de la Politique de la Ville: Les habitants ont noté ces dernières années une désertification des professionnels de santé, et plus particulièrement les spécialistes: dermatologues, ophtalmologistes, radiologie…etc ainsi que la recrudescence de pathologies directement liées à la grande pauvreté.
Les médecins généralistes qui prennent leur retraite ne sont pas remplacés.

FRACTURE NUMERIQUE

Les habitants du 13003 en grande paupérisation, souffrent en plus de la fracture numérique, n’ont pas accès à internet ou n’en maîtrisent pas l’usage, avec pour conséquences le renoncement aux droits, la difficulté d’accès à l’emploi ou les phénomènes de radicalisation pour les plus jeunes.
Si « 80 % de la population ne souffre pas de la dématérialisation des services publics, elle n’est pas adaptée aux personnes les plus en difficulté », résume Bernard Dreyfus, délégué général à la médiation avec les services publics du défenseur des droits. Et de désigner comme victimes les personnes les plus âgées, ou en situation de handicap, les personnes illettrées ou trop pauvres pour être équipées d’un ordinateur, d’une imprimante et d’un scanner.
Le Credoc confirme : les publics les plus déconnectés sont les femmes, plutôt âgées (44 % > 70 ans), les personnes seules (59 %), peu diplômées (42 %) ou retraitées (53 %) et ceux dont le revenu est inférieur à 900 euros par mois (32 %), ce qui cible directement une grande majorité de la population du 3ème arrondissement (cf chiffres INSEE)
En outre, les collectivités et les pouvoirs publics s’attachent à régler les problèmes de débit, d’équipements et de zone blanche sans s’intéresser aux usages. Or, pour un grand nombre de personnes, plus de cinq millions, ces inégalités d’usage dans les pratiques numériques creusent la fracture sociale.
Car être équipé et connecté à internet ne garantit pas la compétence à l’e-administration et peut même aller jusqu’à s’avérer dangereux dans le cas de mineurs non accompagnés par exemple.
Dans son action contre la radicalisation violente, l’UNESCO promeut l’éducation à la citoyenneté mondiale, l’initiation aux médias et à l’information, les compétences pour le dialogue interculturel et les initiatives visant à encourager l’engagement civique et à favoriser la lutte contre les discours des extrémistes sur toutes les plates-formes en ligne et hors ligne. Ce qui nécessite un accompagnement d’experts dès le plus jeune âge.
Des solutions existent pourtant : espaces publics numériques (EPN), cours d’informatique des centres sociaux ou des bibliothèques/médiathèques, accueils dédiés dans les associations ou les organismes sociaux. Malheureusement, leur nombre reste bien en deçà des besoins du terrain sur le 3ème arrondissement.

INJUSTICE DE LA TAXE FONCIERE

Dans le 3ème arrondissement de Marseille, classé quartier prioritaire par la Politique de la Ville, les habitants payent les impôts locaux les plus chers de toute la ville!

Avant la mise en application du projet de loi qui acte le dégrèvement pour 80% des contribuables, à Saint Mauront, avenue Edouard Vaillant, la taxe d’habitation atteignait les 1900€ pour un logement social de type 4; Rue François Barbini, c’était 2200€ contre 750 € « seulement » pour un appartement bourgeois de 100 m² à Bompard, dans le très chic 7e arrondissement. Aïe, ça fait mal à la justice sociale ! Cherchez l’erreur ? Il n’y en a pas… Les agents des impôts eux-mêmes ne parviennent plus à justifier de telles aberrations.

La mairie de secteur a collecté en 2014 un épais dossier avec des dizaines d’exemples concrets et l’a transmis à JC gaudin, tout en réclamant la révision de la carte fiscale ainsi que le dégrèvement pour les habitants du 3ème dont certains étaient obligés de solliciter des prêts à la consommation pour payer cette taxe injuste et en totale incohérence avec les services publics que l’on peut trouver (ou pas!) sur ce secteur (crèches, espaces verts, transports…).
Voir article de presse ici

L’exonération de taxe d’habitation pour 80% des redevables est un soulagement pour les habitants de notre secteur mais il reste l’injustice de la taxe foncière :

Un impôt élevé et inégal basé sur un cadastre défini à la sortie de la guerre, et à peine modifié en 1971 : Des secteurs considérés comme moins favorisés aujourd’hui l’étaient à l’époque, résultat : des propriétaires dans les chics 6e, 7e ou 8e arrondissements payent parfois moins cher que des propriétaires dans le 3e arrondissement, secteur qualifié le plus pauvre d’Europe. Une absurdité d’autant qu’elle est en partie calculée – outre les revenus et le cadastre – sur les caractéristiques d’un bien, complètement obsolètes car jamais réactualisées. Cette taxe met en grande difficulté de nombreux petits propriétaires pauvres et joue un rôle non négligeable sur l’installation de nouveaux propriétaires sur l’arrondissement, qui pourrait favoriser la mixité sociale.